Langues, Informatique et Traduction

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 la palatalisation

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AuteurMessage
sana.bou
Invité



MessageSujet: la palatalisation   Mer 6 Jan - 15:11

Master: langue, traduction et informatique La palatalisation
Exposé encadré par : Professeur , Docteur Rachid HAMDI

Présenté par :

BOURBI Sanaa

BOURBI Farida
Semestre : 1
2009/2010

1- Introduction.

2- Vers une définition de la palatalisation.

3- Lieu d’articulation et prononciation palatale.

5- Palatale VS palatalisée.

6- Histoire de la palatalisation

7- le phénomène de la palatalisation au Québéc.

8- Conclusion
Le palais


Le palais est la paroi supérieure de la cavité buccale, limitée en avant par les alvéoles des dents supérieures, en arrière par la luette.
Le palais est constitué aux deux tiers, dans sa partie antérieure, par la voûte palatine, partie osseuse et fixe appelée aussi palais dur.
La partie qui se trouve en arrière est une cloison molle, relativement mobile, appelée palais mou, ou voile du palais, qui se termine par la l u e t t e (lat.: uvula).
Importante en phonétique historique, la palatalisation est un phénomène assez ' complexe. Pour le non linguiste, la définition que donne Larousse (1973),  ‘'phénomène particulier d'assimilation que subissent certaines voyelles ou certaines consonnes au contact d'un phonème palatal‘

= Donc la palatalisation est le phénomène particulier d'assimilation qui changement le point d'articulation d'une consonne sous l'action d'une voyelle d'avant ou d'un yod.

Ex :Les consonnes [k], [g], [t],[l], [n] qui précèdent les voyelles antérieures [i],[e], [a] ont tendance à se palataliser.

ce phénomène peut se manifester au cours de l'évolution historique d'une langue
Exemple:
[k + e] > [s]: CENTU(M) [kentu] > [tsent] > [sãt] > [sã] (cent)

[k + j] > [s]: LANCEA [lankja] > [lãs] (lance).

Ainsi la consonne vélaire [k] est "mouillée" par la voyelle d'avant [i] dans les mots français "qui", "cinquième":
[k+i] -> [k'i], mais elle ne l'est pas si elle est suivie d'une voyelle d'arrière[u]: "cou": [k+u] > [ku].

Définissons donc certains éléments fondamentaux:
1-Un phonème est un élément sonore de la langue parlée, c'est-à-dire une unité distincte, comme le /t/ de très.

2- assimilation : Certaines règles phonologiques peuvent agir sur un phonème et les réalisations de ce phonème peuvent varier phonétiquement. En anglais, par exemple, /t/ peut se réaliser comme [t] dans stick, et avec aspiration [th] dans tick.
Alors, [t] et [th] sont des allophones, ou des réalisations phonétiques variantes du Phonème /t/.

3 - Un phonème palatal est un phonème dont l'articulation principale se situe au niveau du palais dur .
L'organe articulateur est le dos de la langue.

Le français ne compte que deux palatales, la semi-voyelle [j] (à l'initiale de yourte) ainsi que la nasale [ɲ] (à l'initiale de gnon).

4- Articulation palatale : il y a resserrement entre la partie médiodorsale de la langue et le palais dur, ce resserrement produisant un son proche de celui de la voyelle [i] (mais ce n'est en aucun cas cette voyelle elle-même).

1- le [n] et le [ɲ]
Faisons une comparaison entre la prononciation de [n], qui est dentale, et du [ɲ ] palatale.
Nous remarquons qu'en prononçant [n], la langue s'appuie sur l'arrière des incisives, et qu'on prononçant [ɲ], la langue s'appuie sur le palais dur:

2- le [u] et le [j] :
Prononçons par exemple le mot tout: [tu]. Nous sentons la langue qui vient s'appuyer sur l'arrière des incisives en prononçant [t].
Maintenant, prononçons le mot tiens:


Cette fois-ci, la langue vient s'appuyer sur le palais dur. La langue agit différemment en prononçant le [t] dans tout et tiens, et cela s'explique par les voyelles qui suivent le [t].
Comparons la position de la langue dans les figures suivantes :
La langue vient s'appuyer aux mêmes endroits en prononçant les [t] et [d] dentaux (tout et Doute) et les [t’] et [d’] palatalisées (tien et dieu):
Comparons la position de la langue dans les figures suivantes :
La langue vient s'appuyer aux mêmes endroits en prononçant les [t] et [d] dentaux (tout et Doute) et les [t’] et [d’] palatalisées (tien et dieu):

= En prononçant la semi-voyelle [j], nous voyons que la langue vient s'appuyer sur le palais dur, tandis qu'elle se recule en prononçant la voyelle [u].
3 – le [t’] et le [d’] :
L'articulation de [t] est dentale, mais en anticipant l'articulation de [ j ] qui est une semi-voyelle palatale, la langue va se reculer vers le palais dur.
Ce processus s'appelle l'assimilation et la prononciation de [t] dans le mot tiens devient palatalisée.
Le [d] est aussi une consonne dentale qui subit l'assimilation au yod. Remarquons dans les figures suivantes :
4 - Le [k] et [g] : ont aussi subi la palatalisation, et non seulement devant la semi-voyelle [j] mais aussi devant les voyelles

Ce sont toutes des voyelles antérieures dont l'articulation s'approche du palais dur.
En anticipant l'articulation des voyelles antérieures qui suivent [k] et [g] vélaires, la langue s'avance vers le palais dur.
Comparons les deux articulations suivantes
Résumé:

Nous savons à quoi ressemble la prononciation des [t'] et [d'] parce que le vocabulaire français contient des mots nous permettant de l'entendre (tiens, Dieu).

Dans le cas des [k'] et [g'], il faut imaginer les sons [k+j] et [g+j] là ou normalement nous n'avons qu'un [k] ou un [g]

= Prenons l'exemple des mots qui et guide.

Les prononciations standard sont : [ki] et [gid]. Les mêmes mots après l'assimilation de [k] et [g] au [i], se prononcent [kji] et [gjid].

=Ce sont les prononciations palatalisées de [k] et [g].
D'après Georges Straka, [n] a dû passer par une étape intermédiaire avant d'aboutir à la palatale.

Cette étape s'appelle palatalisée, et la différence articulatoire entre palatalisée et palatale, qui se disent 'faible' et 'forte' chez plusieurs auteurs, se trouve dans les sons qui se produisent pour chacun

Dans une palatalisation faible :
nous pouvons entendre deux sons distincts. En prononçant le mot panier, nous entendons le son de la consonne [n] plus celui du yod : [n+j].
= [n] est donc dit palatalisée et se transcrit [n']

2 - Dans une palatalisation forte,
par contre : nous ne distinguons plus qu'un seul son, comme dans le mot agneau. Dans ce cas, [n'] aboutit au la stade de palatale et se transcrit [ɲ].


En plus de produire des son différents, nous remarquons aussi que l'application de la langue (la partie grise) sur le palais dur est plus large lors de la prononciation de la palatale le [ɲ ] que pour le [n] ou pour la palatalisée [n'].

Dans l'histoire de la langue, [k'], [g'], [t'] et [d'] ont aussi abouti aux palatales
1 - Le [k] et [t] aboutissent à la même palatale, [c].
2- Le [g] et [d] aboutissent aussi à une même palatale, [j] .

= Comme nous avons vu dans les images précédentes, la langue occupe un lieu d'articulation plus large dans la production des palatales [c] et [j] que pour les palatalisées.

Pour connaître le son de ces deux palatales, prononçons le mot qui.

= Nous sentons que la langue vient s'appuyer vers l'arrière du palais dur.
Essayons ensuite de prononcer ce même mot en palatalisant le [k], c'est-à-dire en prononçant [k+j].
= Nous sentons la langue qui s'approche du palais dur.
Pour chaque prononciation, nous remarquons que la pointe de la langue s'appuie directement sur la base des incisives inférieures. En maintenant cette position antérieure de la pointe de la langue,

Essayons maintenant de couvrir un espace plus étendu, ou large, sur le palais dur avec le dos de la langue.

= Nous produisons un son plus énergique qui peut être perçu comme un [t] ou un [k], ce qui explique qu'on ne peut plus distinguer si le mot d'origine comprenait un [t] ou un [k].

Pour connaître le son de [j], il suffit de suivre les mêmes instructions à partir du mot Dieu.


1 – Le [k] et [g] :
C'est pendant l'époque gallo-romane que la première vague de palatalisation a eu lieu en français. Entre les IIe et Ve siècles, parmi d'autres changements phonétiques qu'a subi le gallo-roman pour le différencier des autres dialectes romans Le [k] et [g] se palatalisent devant les voyelles antérieures [i] et [e].

La deuxième vague de palatalisation qui a servi à distinguer le français encore plus des autres langues romanes s'est effectuée au Ve siècle. C'est à nouveau les [k] et le [g] qui seront touchés, mais cette fois-ci devant [a] voyelle moins palatalisante que [e] et [i] .
Par exemple, à l’initiale du mot : cervu > [t_ 3rvu]
A l’initiale de la syllabe : argentu > [ard_3ntu].

Pendant le Ve siècle, les [k] et le [g] latins, devant la voyelle [a] subissent la palatalisation
Exemple : carbone > [t_arbô] > [tʃarbone].

2 – Le [t] et [d] :
Le [d] n'a pas pu dépasser l'étape de palatalisée : [d'], ce qu'il écrit «dy », qui ayant perdu son occlusion sous l'action assimilatrice de yod dans cette position faible.
= Il est ensuite devenu ce qu'il écrit « yy » [j].

le passage de [d'] à [ j] est comme une fausse palatalisation ou un cas de renforcement.

L'existence du groupe consonantique [tj] est attestée depuis le milieu du II" siècle ou l'on peut trouver une confusion graphique entre ce groupe-ci et celui de [kj].

= Ces deux sons se sont probablement rapprochés aux points de vue articulatoire et auditif.

Mais, tandis que [kj] devait avoir une articulation purement palatale [c].

Le [tj] n'a pas évolué plus loin que le stade de palatalisée.


La palatalisation de [n] devant yod s'est probablement effectuée au IIe siècle, même antérieurement à celle de [k] et [t].
Ce n'est qu'au IIIe siècle que nous trouvons des inscriptions qui mettent en évidence cette palatalisation.

=Nous résumons ces palatalisations avec les règles suivantes :
[k] > [t_] > [ts]
\ [i] [e] II e et III e siècle
[g] > [d_] > [dz]


[k] > [t_] > [t ʃ] \ [a] V e siècle


Le latin ne possédait qu’une seule consonne palatale , le yod. Cette consonne est devenue plus fréquente avec le temps .
En latin, même devant une voyelle antérieure, [k] et [g] étaient des occlusives pures.

EX: rêge > [rejje] > roi = relâchement en yod
EX 1 : [dîûrnu] > [dzornu] > [jur] > jour
[jûrâre] >[jyrer] > jurer
[rabîa] > [rabja] > [rabdza] > rage :
= renforcement du yod.
Dans la suite, en latin tardif et en gallo-roman, s’est créée une importante série de consonnes palatales


Le changement éventuel en palatale est donc curieux :
1- Certains l'ont attribué à l'influence du substrat celtique, d'autres à l'influence germanique.

2- Encore d'autres cherchent à trouver la cause dans les facteurs internes (Dauzat 1950). Carton (1974) discute très brièvement des arguments contres ces hypothèses

= D'après lui, le celtique ne peut pas en être la cause parce qu'on trouve les palatales dans la langue espagnole qui n'a jamais été influencée par le celtique.

Quant aux langues germaniques, il explique qu'elles ne se palatalisent guère.

Finalement, l'explication uniquement 'structurale laisse intact le problème des palatalisations gallo-romanes qui ont modifié le système du latin classique.



Selon l'argument de Straka, il faut que deux influences soient présentes pour que naisse une palatale:

1- Une l'influence assimilatrice des articulations palatales
2- Une influence de l'énergie articulatoire de la consonne.

La présence seule d'un élément Palatalisant n'est pas suffisante. Néanmoins, le plus souvent les deux vont de pair et se complètent.

L'argument de Straka illustre que les palatales ne sont ni molles, ni affaiblies, mais au contraire renforcé, et une consonne peut rester palatale tandis qu'il y a conservation de l'énergie articulatoire.


Premier stade
[k] + [i] ou[e]> [s] à l’initiale
Stades intermédiaires :
[k^]>[t’]>[ts]>[s].
lat. CENTUM [kentum] >v. fr. Cent [tsênt] > [tsãt] > fr. mod. [să]

[g]+ [i] ou[e]> [ʒ ] à l’initiale

ex: lat. GENTEM [gentem] > fr gent [dʒêntɘ] > [dãnt ]>FR. mod. [ ʒã ]

Stades intermédiaires:
Au début du Ixe siècle.

* [k] + [a] > [ ʃ ] à l’initiale
ex: lat. CAMPUM [kampum] > [tʃãmp] > fr. mod. [ ʃã ].

= [ka] > [ t’] > [tʃ] > [ ʃ ]

* [g] + [a] > [ ʒ ] à l’initiale
ex: lat. [gambam] >v. fr. jambe [dʒãmb ] > [ga] > [g’] > [d ʒ ] > [ ʒ ]
fr. mod. [ ʒã b]

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